Olivier Metzger |
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Olivier Metzger retient de ses errances suburbaines quelques halos aléatoires, quelques rencontres incongrues ou signes phosphorescents. De ses longs travellings à l’attention flottante, le photographe nous livre des « plans » sans raccord autre que son intuition. Images prises sur le vif ou soigneusement remises en scène, qu’importe, la nuit luit d’étoiles vives ou mortes, que l’on confond toujours. Lucioles, fantasmagories et fantômes rôdent dans son cadre : un chien errant au regard halluciné surgi d’un rivage inconnu, un poney blafard tel l’apparition d’un animal symbolique ou une page arrachée au roman de Malcom Lowry (Au-dessous du volcan), une capsule d’ascenseur grimpant une architecture insensée... Le photographe troue la nuit à coups de flash : Weegee dévoilait des scènes de crimes morbides et réels, Olivier Metzger au contraire montre des énigmes aux confins de l’humour et du fantastique. Bascule et continuité - Avec cette nouvelle série, Nightshot, l’univers artistique d’Olivier Metzger semble avoir radicalement basculé : du jour à la nuit, des intérieurs aseptisés du monde tertiaire aux errances noctambules à l’air libre, des lumières plates et étales aux clairs-obscurs arrachant à l’obscurité quelques rêves éveillés...Demeurent cependant un souci constant de la composition plastique flirtant avec la peinture, une attirance pour les architectures et les matériaux contemporains, une place discrète toujours ménagée à la drôlerie et à la poésie. Au-delà encore, Olivier Metzger poursuit avec Nightshot son exploration des rapports ambigus entre sphère publique et sphère privée, «extime» et intime : traquant dans le sillage du peintre Edouard Hopper les paradoxes de l’isolement dans la transparence, de la solitude dans les lieux publics... Image de l’homme seul dans une salle de cinéma capitonnée, mais aussi et surtout, celle de la jeune fille dans son aquarium de béton et de verre, au regard perdu et suspendu elle-aussi. On notera ici le goût du photographe pour les contrastes temporels, les anachronismes, les métissages visuels : modernité lisse de l’architecture contrebalancée par le caractère quasi ancestral du téléphone à gros fil blanc, et rencontre dans le même cadre d’un portrait photographique et d’un portrait peint au second plan. Cet attachement nostalgique à une certaine désuétude se retrouve encore dans la photographie d’un ancien modèle Mercedes ou celle du livreur de pizzas arc-bouté sur sa mobylette archaïque... Mélange des temps, mélange des matériaux, mélange d’espaces de différentes natures : Olivier Metzger pose son regard sur des espaces intermédiaires, des entre-deux, des achoppements, des frottements, des rencontres entre la réalité et ses doubles... Fouillant les troubles de rencontres incongrues et l’inquiétante familiarité du monde contemporain. Jean-Emmanuel Denave. -- Le scénario qui lie les photographies d'Olivier Metzger n'existe pas. À chaque spectateur de s'inventer un récit – du moins des bribes – pour tracer un chemin narratif entre les scènes. Au cours d'un parcours erratique et motorisé, Olivier Metzger saisit dans la nuit le décor et les personnages d'un road movie improbable. Sidérés par la violence du flash, les bâtiments et les corps exposent leur solitude, exacerbée par la pénombre environnante. Ce hors champ inaccessible participe au mystère et accentue l'étrangeté de chaque portrait, qu'il s'agisse d'un pan de mur, d'un chien errant ou d'un requin factice. Chacune des images saisit avec justesse et précision les êtres. Figés dans la lumière, les personnages offrent ce qu'ils sont, leur matérialité, leur corps, leur regard. Nul besoin de récit pour les faire vivre, leur implacable présence suffit à elle-même. Le point de vue adopté force le regard et transforme la banalité du monde en une singularité à laquelle nous ne pouvons échapper. Les images d'Olivier Metzger sont à la croisée de deux routes : celle d'êtres et de lieux sans noms, à la fois quelconques et énigmatiques, et celle d'un artiste qui laisse le hasard décider des rencontres, tout en contrôlant parfaitement la situation. Claire Taillandier -- The script that links Olivier Metzger photographs does not exist. Each spectator must invent a story - at least fragments - in order to trace a narrative path between the scenes. During the course of an erratic and motorized journey at night, Olivier Metzger captures the set and characters of an unlickely road movie. Blinded par the violence of the flash, the buildings and the bodies display their loneliness, enhanced by the environment half-light. This inacessible (unatainable) out of frame is part of the mystery and accentuates the strangeness of each portrait, whether it be apart of a wall, of a sray dog or a life-size shark toy. Each of these correct and precise images capture the beings. Congealed in the light, the characters give what they are, their materiality, their bodies, their look. No tale is needed to bring them to life, their relentless presence is enough in itself. The adopted point of view forces the look and transforms the world’s banality into a singularity from which we cannot espace. Olivier Metzger images are at two roads meeting point: the one of beings and nameless places, at the same time unremarkable and enigmatic, and the one of an artist that lets chance decide of these meetings while being in perfect control of the situation. Claire Taillandier translated by Samy Da Silva Olivier Metzger
35 ans, vit et travaille à Arles 2010 Les cycles paradoxaux, Fiac, stand Galerie Bertrand Grimont 2009 Nominé pour le prix découverte des 40 ans du festival des rencontres photographiques d’arles 2009 Exposition collective «curius memories» à ISP (international center of photography) de New york 2008 Lauréat du prix prestige BMW Exposition collective “Septembre de la photographie : identités, territoire européeen” à Lyon. Exposition collective à la filature de Mulhouse. 2007 Exposition collective - «On the road : l’automobile dans l’art» Musée PAB, alès Résidence à la Filature de Mulhouse Exposition personnelle «Nightshot» à la galerie Lacen. 2006 Exposition Rencontres internationales du design. Derby, UK Exposition à la galerie Yoga&cafe ,Seoul. Exposition collective «Septembre de la Photographie». Rectangle. Lyon. Commande «Portraits d’artistes» Région Paca Realisations régulières de portraits pour le journal le monde. 2005 Résident studio Image-in, Lausanne. Exposition, galerie Lebleuduciel. LyonPhotographie d’Arles : «les 20 ans de l’Enp.» Exposition aux Rencontres Internationales de la phographie d’Orléans. Images du pôle.Exposition aux Rencontres de la photculturel Français de Valence. Espagne Exposition «antichambre» à l’ Institut Exposition à la Filature de Mulhouse. (Avec R.Hopkins, G.Saussier) Exposition au Chateau d’eau Toulouse.( Avec C.Bourguedieu) |
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