Thomas Mailaender |
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-- « Le grotesque est, selon nous, la plus riche source que la nature puisse offrir à l’art. » Victor Hugo Puisque le net est devenu notre principal environnement, il est logique que les ressources naturelles soient désormais celles du réseau. Thomas Mailaender surfe et va à la pêche aux images, surtout celles qui - selon notre point de vue qui n’est pas le sien - iraient directement au rebut : images vulgaires, mettant en scène le ridicule, le potache. Ces images montrent l’excès, les objets sont trop grands, les gens trop petits, les filles trop nues et c’est toujours le même qui reçoit le chèque cadeau ! Plutôt que de traiter cet humour gras par le mépris, Thomas Mailaender, lui, s’en délecte. Il collectionne ces images, les classe et les réinjecte dans des montages, des installations, des sculptures. Il leur donne la part belle, les fait changer de registre pour rejoindre le corpus des images exposées, mises en valeur par le regard que l’artiste porte sur elles. La pratique des photographes amateurs à l’origine des images choisies est prise pour ce qu’elle est : une pratique non maitrisée où l’imperfection a toute sa place. Loin de dénigrer cette non conformité aux canons esthétiques, Thomas Mailaender est du côté de celui qui rate. Ses poteries ne sont pas parfaites et se situent bien dans la petite histoire de la céramique. Elles mettent en scène avec humilité le non savoir de tout un chacun et par leur singularité, aspirent à l’universel de la situation. De la même manière qu’en tout homme sommeille un touriste, dans chaque rire se cache une reconnaissance de soi. Claire Taillandier -- On achève bien les images... Thomas Mailaender est souvent présenté comme photographe, mais pour être plus précis il est davantage un dilettante de l'image et un archéologue du présent, par sa pratique de « l'appropriationnisme », digital et analogique. The fun archive est une banque d'images qu'il alimente depuis quelques années, comme une collection des pires images de tous les temps. Il surfe sur le net, ses copains lui envoient les perles qu'ils glanent, il cherche des photos dans la presse d'hier, sur les brocantes ou encore chez des éditeurs. Puis il les stocke, les classe, les digère... Et les régurgite, par le montage, ou le dessin sur le tirage, ou l'incrustation dans une matière, ou l'agrandissement, ou le vis-à-vis avec divers objets.... etc. On peut penser aux collections d'images et leurs montages aphasiques et anachroniques du Mnésonyme d'Aby Warburg, mais Thomas Mailaender les déplace par un geste et un cadre qu'il crée. Ces images ne sont plus des images référencées et autonomes. Associées librement et enserrées dans d'autres formes ou dispositifs qu'il crée, elles deviennent les vestiges d'elle-même. Ces vestiges ne se cantonnent pas à mettre en abîme le vertige et la nausée des images, elle révèle le sens de l'absurde des individus, de la richesse d'un langage vernaculaire et d'une poésie accidentelle. Les touristes (2011) est une série de tirages sur albumine, sur lesquels Thomas Mailaender a dessiné à l'encre noire, un des attributs les plus caractéristiques du touriste contemporain: les lunettes de soleil. Les photographies originales ont été réalisées par les frères Alinari. Leur studio de Florence fondé en 1852 était spécialisé dans la reproduction de sculptures antiques, par la circulation de celles-ci, les œuvres d'art italiennes voyageaient. Par ce dessin discret et décalé, Thomas Mailaender appuie le fait que, par ce support et leur circulation, les œuvres sont devenues des touristes. Trois grandes jarres en céramique émaillées impactée de transfert photographiques sont disséminées au premier étage de la galerie. Handicraft (2010) révèle la réflexion de l'artiste sur l'artisanat et la constitution d'une forme d’archéologie contemporaine. Il y a quelques années, Thomas Mailaender s'est inscrit à un cours de céramique pour amateurs débutants. Loin de vouloir produire des objets aboutis, il s'est de suite attaché à répéter des formes, qui lui paraissaient être des erreurs et des défauts, jusqu’à ce qu'il créée une série de formes maladroites et inesthétiques, au regard des critères usuels. Puis il a cherché à y inclure des images issues de the fun archive, en apprenant des techniques de reproductions sur émail. Cette technique et cette forme portent à la postérité ces images du net, conçues comme éphémères et souvent perçues comme anecdotiques. Selon l'étymologie grecque, Ouroboros désigne le dessin d'un serpent ou d'un dragon, qui se mord la queue. Depuis l'antiquité, cette image est souvent utilisée comme parabole du cycle éternel de la Nature et d’auto-fécondation. Cette allégorie prend forme dans le sous-sol de la galerie, elle met en abîme une des images présente dans le Chicken museum, qu'on a pu au Théâtre de la Criée à Marseille en 2010 et cet été aux Rencontres d'Arles. Chicken Museum est un accrochage rudimentaire des images de The Fun Archive, le visiteur regarde des poules empaillées qui regardent ces photographies tantôt triviales, loufoques, drôles et poétiques. Ce poulailler « muséifié » nous rend spectateur de notre attitude face aux flots des images en tout genre et à notre comportement dans l'institution muséal. Sont présentées au sous-sol les vestiges de leur dernière exposition arlésiennes. Les poules et la paille ont disparu, comme si les images étaient en repos, comme stockées dans une réserve, ainsi les images prennent la forme de stèle et acquiert une certaine autonomie. Charline Guibert -- We also terminate images… Thomas Mailaender is often introduced to us as a photographer, but in order to be accurate, he is more a kind of a Jack of all trades, an image 'dilettante' and an archeologist of our present times, through its peculiar use of the appropriationist method, he engages both digital and analog prime matter. In recent years, he has been feeding a bank of images as a collection of the worst pictures of all time. Between laughter, disgust, surprise and marginality, these collected images do not provide any space towards a secure point of view. The artist does not involve himself to provide a distanciated take on the images, but provides a 'mise en abyme', a reflective device, that highlights the very absurdity carried by the subjects, the vernacular richness of their language, and their accidental poetry. He stores, classifies, digests, and then regurgitates all these through the editing , the drawing on the print, the embedding on the material, the expansion and the echoing of different objects, and so on… The three large glazed ceramic jars, impacted by photographic prints, 'Handicraft' (2010), suggests a possible embodiment of a contemporary archeology. It carries the images from the Internet to the posterity, designed as ephemeral and often seen as anecdotal. Chicken Museum, shown at the Théâtre de la Criée à Marseille in 2010 and this summer at the Rencontres d'Arles, is a rudimentary setup of snap pictures from the internet, the visitor looks at stuffed chickens watching these photographs both trivial, wacky, funny and poetic. This 'museumified' chicken coop makes us spectators of our very own attitude towards the flood of images of all kinds, and of our behaviour in a museum setting. In the gallery's basement, we are facing the remains of their last exhibition in Arles. The chickens and the straw have disappeared as if the images were at rest, as stored in a vault, thus the images take the form of a stela and acquire a certain autonomy. 'The Tourists' (2011) is a series of prints on albumin, on which Thomas Mailaender drew in black ink, one of the most salient attributes of the contemporary tourist is it's sunglasses. The original photographs were taken by the brothers Alinari. Their studio in Florence, founded in 1852, was specialized in the reproduction of antique sculptures. So through with the artist's quiet and offset shaping, we understand tant the tourist is not the one that looks at things. While visiting obliquely the artist's body of works, it is striking to see how Thomas Mailaender succeeds in shaping, through humour and poetry, some of the most ordinary moments of everyday life, into unlikely and spectacular monuments. Charline Guibert translated by Samy da Silva SOLO EXHIBITIONS
11-12 / 2011 ‘We also terminate images...’ / “On achève bien les images” (Galerie Bertrand Grimont, Paris) 03 / 2010 ‘Sailing / Bon Voyage’ (Fragmental Museum NYC – New-York, USA) GROUP EXHIBITIONS 06 / 2012 Workshop “Peur sur la ville, bref tout ça c’est de l’hypocrisie, c’est un véritable floutage de gueule” Thomas Maielender with Erwan Fichou with 15 students, International Poster and Graphic Design Festival, Chaumont “From here on” au FOMU d’Anvers curated by Clément Chéroux, Joan Fontcuberta, Erik Kessels, Martin Parr and Joachim Schmid STRATOS curated by Collection Revue au Centre d’Art contemporain de Lacoux 11-12 / 2011 ‘J’ai deux amours’ (Cité nationale de l’histoire de l’immigration / National Musuem for Immigration History, Paris) 06 / 2011 Rencontres Internationales de la Photographie (Arles, France) Curated by Erik Kessels, Martin Parr, Joan Fontcuberta, Clement Cheroux and Joachim Schmid. 05 / 2011 ‘Car fetish. I drive therefore I am.’ (Tinguely Museum – Basel, Switzerland) 04 / 2011 ‘The Chain’ Curated by Stuart Pilkington. 03 / 2011 Part of the ‘Instantané Hubert Colas’ cycle (Centre Pompidou – Metz, France) 03 / 2011 ‘INFO BOMB’ (Monterrey, Mexico) Curated by Rubén Gutiérrez, Barriobajer, PRETEEN, Franklin Collao, Proyectos Ultra Violeta, Attilia Fattori Franchini, and Nrmal. 03 / 2011 ‘De: Paris’ (Delicatessen – Amsterdam, Netherlands) Curated by Rollergirl. 10 / 2010 ‘Revenge’ (Tallinn Art Hall – Harju County, Estonia) Curated by Kirke Kangro. 06 / 2010 ‘More or Less’ (part of the Sophia Design Week – Sophia, Bulgaria) Curated by Vassil Iliev. 05 / 2010 ‘Use Me, Abuse Me’ (New York Photo Festival – New-York, USA) Curated by Erik Kessels 02 / 2010 ‘The lost trip’ (Photomanias Festival – Malaga, Spain) Curated by Carlos Canal. 02 / 2010 ‘L’équilibre et l’accident’ (part of of the 7th International Biennal of photography – Liege, Belgium) 12 / 2009 ‘Just What I Never Wanted’ (KKOutlet Gallery – London, UK) Curated by Danielle Pender. 12 / 2009 Group show Festival ActOral 2009 (Le lieu Unique – Nantes, France) Curated by Hubert Colas. TEACHING, CONFERENCES 05 / 2010 Thomas Mailaender Lecture (part of the NYC Photofestival – New-York, USA) St. Ann’s Warehouse 38 Water Street, Brooklyn, NY 11217 RESIDENCIES 10 / 2011 La Cuisine, Centre d’art contemporain (France) 02 / 2010 Writing Residence (part of the GONE FISHING project, by Montevidéo-Marseille – Marseille, France). SCHOLARSHIP Ecole des beaux-Arts de Nice, La Villa Arson. PUBLICATIONS 11 / 2010 «Super Mamie 2001» movie directed by Thomas Mailaender, Production : F.R.A.C. (Fond Régional d’Art Contemporain) PACA and Montevidéo-Marseille. |
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