Galerie Bertrand Grimont 47 rue de Montmorency 75003 Paris - Guillaume Constantin Vernissage 24 juin 2009
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Invitation au vernissage samedi 23 janvier de 18h à 21h.
 
Gregory Derenne
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Gregory Derenne
Puit, 2009
 
 
Grégory Derenne a choisi de peindre ces environnements éphémères et illusoires de l’homme moderne que sont les plateaux télévisés, vitrines et autres théâtres des vanités.

Toujours en retrait, depuis les coulisses ou derrière une vitre, le peintre est un corps étranger au théâtre. Il en saisit les rouages avec une pointe de mélancolie. Nous montrer que nous n’avions pas vu ce que nous avons vu ; l’axiome célèbre de Paul Valéry sonne aujourd’hui comme une évidence.
Partant du noir pour aller vers la lumière, l’artiste fait affleurer le réel à la surface du tableau. Dans ces œuvres figuratives, la matière colorée jaillit sur la toile noire laissée apparente, à l’état brut. Un jeu de formes et de couleurs s’engage, amorçant une forte tension entre abstraction et réalisme. Un écran de contrôle devient une tache de lumière ponctuant une composition, la lumière d’un spot enflamme un angle, les cloisons d’un décor dessinent des plans sombres ou lumineux qui organisent l’espace. les silhouettes sont indéterminées, réduites à une ombre ou un reflet. une touche vient donner du relief, une densité aux zones sombres. Le volume de ces « boîtes à images » que sont les plateaux de télévision semble s’enfoncer dans le néant, en phase de disparition, dans un retour vers l’écran noir originel.

Le peintre ne laisse que peu de recul vis-à-vis de la toile, celle-ci s’impose immédiatement et nous enveloppe de son monde de faux-semblants. La couleur vibre et brouille les repères d’une réalité tangible : dans les « vitrines », intérieur et extérieur s’imbriquent dans une confusion des contours que contredit la frontalité et la solidité des compositions de l’artiste. Le regard se perd le long des lignes de fuite où se disputent lumière et obscurité. La surface-tableau impénétrable devient alors une aire de jeux où l’illusion triomphe.


Magali Lesauvage